000-99938_Max Schmeling

En ces temps de menteries diverses et avariées de nos puissants à vouloir nous faire croire que la lune est un fromage, il me revient une histoire que je souhaite vous narrer.

Une histoire en deux versions : 
La première, celle de deux boxeurs d’avant la guerre de 39/45.

  • A ma droite : Joe Louis, boxeur noir sorti des champs de coton à la force de ses poings, futur champion du monde des poids lourds de 1937 à 1949. On le surnomme le bombardier noir.
  • A ma gauche : Max Schmeling, fierté de la race aryenne et suppôt présumé de Satan (Hitler, en l’occurrence). Un allemand démolisseur et froid (Comme l’ignoble Drago dans Rocky 28 qui tue lâchement le gentil Apollo Creed, le super pote à Stallone).

Entre l’Amérique et l’Allemagne, la guerre a déjà commencé par l’intermédiaire du sport. 
19 juin 1936 : 1er combat aux USA. Victoire de Max Schmeling qui met hors de combat Joe Louis au 12ème round.

Horreur et damnation ! Impossible pour les Américains d’en rester là. Il faut une revanche et vite. 
22 juin 1938 : Joe Louis exécute le teuton en 2 minutes devant un public survolté. Victoire d’un noir américain devant un blanc prônant le nazisme.

Victoire avant l’heure des Etats Unis. Le 3ème Reich s’effondrera plus tard (Heureusement, d’ailleurs).

Cette histoire au scénario déjà écrit et destinée à la propagande des deux nations ennemies pour conforter leurs idées de guerre tourne à l’avantage de l’oncle Sam qui fera de Joe Louis un héros national.

Fin de la première version : la fausse. Et début de la vraie histoire de Joe et Max. Car cette histoire a une suite.

Un histoire que les Américains et leurs alliés Atlantistes ne connaissent ou ne veulent pas connaître.

La voici : En fait, Max Schmeling n’était pas plus nazi que je ne suis pape ou évêque et sa réputation de bon boxeur fut largement exploitée (malgré lui) par le régime nazi. Durant toute sa carrière sportive, il eut un entraineur juif.

Max, on le sut plus tard, cacha deux enfants juifs chez lui lors de la nuit de cristal et parvint à leur faire quitter l’Allemagne clandestinement.

Après guerre, Schmeling se maria, eut des enfants et devint un chef d’entreprise respecté, réussite professionnelle doublée d’une réussite financière non négligeable.

Pour Joe Louis, sa vie après le sport fut un désastre. En 1951, il mit fin à sa carrière de boxeur après s’être fait démolir par un certain Rocky Marciano. Finis la gloire et l’argent ! Les Américains, qui n’aiment pas les losers et sont toujours aussi reconnaissants, l’oublieront à jamais. Joe Louis, un peu trop naïf, ne saura pas gérer son argent et passera les 30 dernières années de sa vie à rembourser le fisc américain.

Il est mort en 1981 dans la mouise et l’indifférence générale. 
L’histoire pourrait se terminer ainsi. Mais non, elle continue.

Car Joe et Max, après guerre, devinrent amis. Et amis pour la vie.

Durant plus de trente ans, Max paya les nombreuses opérations de ce pauvre Joe et participa aux frais d’enterrement du bombardier noir.

Entre 1981 et 2005 (Date du décès de Max âgé de 100 ans), Schmeling continua à s’occuper financièrement de la descendance de Joe Louis comme il l’avait fait pour son vieil ami.

Alors, méfions nous et gardons nous de croire les yeux fermés aux histoires que nous content les puissants (Que nous soyons dans un camp ou dans l’autre !). Des histoires où les gentils luttent inlassablement contre les méchants qui sont toujours les mêmes, c’est à dire les autres.

Il faut être deux pour se battre. Pour s’aimer aussi.