Souvenir: Sugar Ray Robinson, le boxeur étoile

mercredi, 08 mai 2013 10:00
Son style fait l’admiration de Georges Charpentier qui écrit dans sa chronique sportive « inutile de lui donner des conseils… En aurait-on donné à Léonard de Vinci ? ». Un autre chroniqueur « la boxe de Robinson, c’est un poème de Mallarmé, c’est un ballet de Serge Lifar, c’est un tableaude Renoir ».

Souvenir: Sugar Ray Robinson, le boxeur étoile

« Entre deux champions de force égale, le vainqueur sera toujours le plus beau ». Il avait l’air si doux qu’on l’appelait ''sugar''… Mais c’est un pain de sucre qui vous explosait dans la bouche. Boxeur émérite, il avait pour lui, le cerveau, le culot, le cœur et ses poings.

C’est à Paris que Ray Sugar Robinson connaît sa première gloire: En 1950, il met Jean Stock K0 en deux rounds ; en 1951, il allonge les meilleurs poids moyens français: Walzack, Villemin, Kid Marcel. Il a de la dynamite dans les poings et a des jambes de danseur étoile. Son style fait l’admiration de Georges Charpentier qui écrit dans sa chronique sportive « inutile de lui donner des conseils… En aurait-on donné à Léonard de Vinci ? ». Un autre chroniqueur « la boxe de Robinson, c’est un poème de Mallarmé, c’est un ballet de Serge Lifar, c’est un tableaude Renoir ». Vincent Auriol, Président de la République française d’alors le reçoit. Et quand il bat La Motta par KO au premier round, la France acclame le « vengeur de Cerdan ».

« They never come back ». Ils ne reviennent jamais. Robinson fera démentir cette vérité acquise. De 1954 à 1964, sur 54 combats, il connaîtra 16 défaites mais réussira un triplé unique dans les annales de la boxe .En 1955, il reprend sa couronne mondiale à Carl ''Bobo'' Olsen ; en 1957, il met KO Gene Fullmer qui lui avait pris son titre; en 1958, il le reconquiert  au dépens de Carmen Basilio.

Malmené par la maladie, il végétait dans son appartement de Los Angeles. Alzheimer... Maladie d’Alzheimer…Une inexorable alternation des cellules avec, parfois, une fugitive prise de conscience. Juste de quoi souffrir de se savoir mourir. Il passait ses journées sur une chaise roulante. La moindre action de sa vie requérait assistance. Il fallait le nourrir, le laver, l’habiller.

Lui qui pourtant avait gagné la gloire avec ses gants en les chaussant sur tous les rings de la planète. Des gants de six onces qui avaient écrasé le visage des plus redoutables terreurs du siècle et qu’en vingt neuf ans de carrière, il avait brandi plus de deux cents fois au-dessus de sa tête: « Sugar Ray Robinson, vainqueur ! ».

Bien entendu, il était né pauvre. Normal. Imagine-t-on un héritier Rockefeller se commettre avec un combat douteux avec un misérable noir analphabète autrement que par flics interposés ? A part qu’il était pauvre et nègre bon teint, Robinson était un gentleman. Il n’hésitait  jamais à aider l’arbitre à relever le "voyou" qu’il venait de foudroyer. Il est courantde donner aux boxeurs les terrifiants surnoms totémiques de la marine de guerre: « Tigre », « Foudre », « Cobra », « Tonnerre ». Lui, c’était « Sugar ». A la question de savoir s’il neménageait jamais ses adversaires, Ray Robinson répondait : « Si je monte sur un ring, c’est précisément pour ne pas les ménager ».

Mais le « génie » a ses limites. Et malgré son jeu de jambes percutant qui déchaînait le public, il n’a pu esquiver la mort à l’âge de 67 ans aCulver City, en Californie. Et depuis le 12 avril 1989, une étoile de plus rayonne désormaislà haut.

Alain Zama

Écrit par  Cheickna Dabou