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Photo : Raphaël Blasselle


A 28 ans, Sarah Ourahmoune avance d’un pas déterminé vers son rêve : disputer les Jeux Olympiques. Championne du monde de boxe des -48kg en 2008, elle monte cette année dans la catégorie supérieure (-51kg), une des trois qui ont été choisies pour la première apparition de son sport au programme des Jeux. Outre sa carrière de boxeuse de haut niveau, Sarah est étudiante à Sciences Po, éducatrice spécialisée au « Boxing Beats » d’Aubervilliers, illustratrice de livres et blogueuse à ses heures. Entretien avec une championne hors du commun.

« Les Jeux Olympiques, c’est l’objectif final de ma carrière. C’est une grande joie, une vraie reconnaissance. Cela signifie que notre sport commence à être accepté. C’est une forme de consécration, et si la boxe féminine n’était pas entrée au programme des Jeux à Londres 2012, je pense que j’aurais arrêté. Je fais de gros sacrifices, mais c’est si grand ! » dit Sarah, qui avance sur un tempo d’enfer, semaine après semaine.

 

Dans une même journée, elle est étudiante en Master d’« action dirigeante et sociologie de l’association » à Sciences Po à Paris, éducatrice spécialisée et « organisatrice de tous les projets extra sportifs » au sein de son club, le Boxing Beats d’Aubervilliers, elle s’entraîne sur le ring, et alimente le soir son blog avec un passionnant journal personnel.

« Le Boxing Beats a été créé il y a dix ans. C’est n’est pas qu’un club de boxe. Nous nous occupons de soutien scolaire et d’organiser diverses activités comme le graphisme, la peinture, Internet, des sorties thématiques… Je suis salariée du club. Je propose des projets, je les mets sur pied, sans jamais avoir l’impression de travailler. Parallèlement, les études à Sciences Po, ce n’est pas une contrainte, c’est passionnant. Je suis à fond du soir au matin, mais ça n’est que du plaisir. Même le samedi, où nous avons mis en place des cours pour les femmes »…

Sarah encadre de jeunes enfants handicapés mentaux autour de la boxe éducative, et s’est lancée récemment dans une activité d’illustratrice de livres. Elle a été récompensée au Trophée « Femmes et sport » le 16 novembre 2009 dans la catégorie "coup de pouce à une personnalité féminine".

Championne du monde en 2008

 


Photo : Raphaël Basselle

Sarah Ourahmoune est venue à la boxe un peu par hasard. « Je voulais faire du taekwondo. A 13 ans, j’ai rencontré Said Bennajem, qui m’a proposé ce sport, m’a convaincue de son côté éducatif, et j’ai tout de suite accroché. C’était particulièrement ludique. J’ai progressé très vite ». Said Bennajem, directeur technique du Boxing Beats, est toujours l’entraîneur de Sarah.

En 1999, elle remporte le premier de ses six titres de championne de France, intégrant en même temps l’équipe nationale. En 2007, Sarah Ourahmoune est sacrée au niveau de l'Union européene. Deux autres titres suivront.

 

Enfin, en 2008, en Chine, la voilà championne du monde des -48kg, dans des circonstances particulières. « J’ai disputé la finale contre une Chinoise. J’ai perdu le combat qui n’a pas à mon sens été jugé très honnêtement. Puis mon adversaire a été contrôlée positive. J’ai récupéré la médaille d’or 9 mois plus tard. Jusqu’à aujourd’hui, je ne me sens pas championne du monde. Je n’ai pas entendu La Marseillaise, je n’ai pas vu monter le drapeau sur la plus haute marche du podium. Ce titre a dès lors moins de valeur à mes yeux, et j’ai toujours du mal à en prendre conscience ».

L’année suivante lors des championnats d’Europe en Ukraine, Sarah perd en quarts de finale sur un résultat de nouveau très contesté par son camp. Fin septembre 2010, elle ne va pas très loin dans les championnats du monde disputés à La Barbade. « Je n’étais pas dans un bon jour. C’est une compétition à oublier ».

Aujourd’hui, la championne d’Aubervilliers se consacre à sa nouvelle catégorie, Olympique, celle des -51kg. « Il faut déjà que je m’y fasse une place au niveau national. Il faudra d’abord que je sois championne de France pour pouvoir enchaîner les grandes compétitions internationales et aller chercher mon ticket pour les Jeux de Londres ».

Sur son blog, Sarah Ourahmoune raconte ses semaines, « à l’instar de Bridget Jones . C’est ici que l’on suivra son parcours vers les JO, vers l’équipe de France Olympique où sa belle carrière trouvera, nous l’espérons, sa consécration.

 

Reportage vidéo sur Sarah Ourahmoune

 

 

 

 

 

 

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Jeux Olympiques de la XXXIe Olympiade 
Rio de Janeiro (Brésil) 
5-21 août 2016